Louis VII le Jeune
1137-1180
Louis VII monte sur le trône en 1137, quelques jours après son mariage avec Aliénor d’Aquitaine, héritière du plus vaste domaine du royaume. Destiné initialement à l’Église, ce prince dévot et scrupuleux se retrouve à la tête d’un territoire s’étendant théoriquement de la Flandre aux Pyrénées. Mais dès les premières années, son tempérament pieux et hésitant contraste avec le caractère impétueux de son épouse. En 1147, il prend la croix et part pour la deuxième croisade, une expédition désastreuse qui s’achève sans victoire et aggrave les tensions conjugales.
La décision la plus lourde de conséquences du règne est le divorce avec Aliénor. Le 21 mars 1152, un concile réuni à Beaugency prononce l’annulation du mariage pour consanguinité, après quinze ans d’union et deux filles mais aucun héritier mâle. Six semaines plus tard, Aliénor épouse Henri Plantagenêt, comte d’Anjou et duc de Normandie, qui devient roi d’Angleterre en 1154 sous le nom d’Henri II. D’un trait, Louis VII perd l’Aquitaine et voit naître un empire anglo-angevin qui enserre le domaine capétien et le défiera pendant des siècles.
Louis VII meurt le 18 septembre 1180, après un long règne de quarante-trois ans. S’il laisse un royaume rétréci et un rival anglais formidable, il lègue aussi à son fils Philippe Auguste une administration renforcée et le prestige d’un roi juste et pieux. Paradoxalement, c’est l’erreur stratégique du divorce qui engendrera, par réaction, la politique conquérante de son successeur.