Philippe II Auguste
1180-1223
Philippe Auguste accède au trône en 1180 à l’âge de quinze ans, héritant d’un domaine royal modeste, coincé entre les possessions des Plantagenêts. Dès le début de son règne, il déploie une habileté politique remarquable, jouant les fils d’Henri II Plantagenêt les uns contre les autres — Richard Cœur de Lion puis Jean sans Terre — pour démanteler méthodiquement l’empire angevin. En 1190, il rejoint la troisième croisade aux côtés de Richard, prend Saint-Jean-d’Acre, puis rentre en France, laissant le roi anglais s’enliser en Orient tandis que lui-même consolide ses conquêtes continentales.
Le triomphe de Philippe Auguste culmine le 27 juillet 1214 à Bouvines, où la chevalerie française et les milices communales écrasent une coalition redoutable réunissant l’empereur Otton IV, le comte de Flandre Ferrand et les alliés de Jean sans Terre. Cette victoire décisive consacre la suprématie capétienne en Europe et quadruple le domaine royal : la Normandie, le Maine, l’Anjou, la Touraine et une partie du Poitou sont désormais rattachés à la couronne. Philippe transforme aussi l’administration du royaume en créant les baillis et les sénéchaux, fonctionnaires royaux qui supplantent les prévôts locaux, et fait paver et fortifier Paris, qu’il dote d’une enceinte et de la forteresse du Louvre.
Philippe Auguste meurt le 14 juillet 1223 à Mantes, après quarante-trois ans de règne. Il laisse un royaume profondément transformé : le domaine royal a été multiplié par quatre, l’administration centralisée, et la monarchie capétienne s’est imposée comme la première puissance d’Occident. Les historiens le considèrent à juste titre comme le véritable fondateur de la nation française.