Louis X le Hutin

Louis X le Hutin

1314-1316

Selon le droit de nature, chacun doit naître franc.

Ordonnance royale du 3 juillet 1315
Règne bref et agité, il accorda des chartes aux ligues nobiliaires

Louis X, surnommé « le Hutin » (le querelleur), succède à son père Philippe le Bel en novembre 1314, héritant d’un royaume en ébullition. La noblesse, excédée par la politique centralisatrice et fiscale du règne précédent, forme des ligues provinciales qui exigent le retour aux « bonnes coutumes » de Saint Louis. Louis, roi faible et influençable, cède sur presque tous les points : il accorde des chartes aux nobles, renvoie les conseillers de son père et fait pendre Enguerrand de Marigny, le puissant chambellan, à Montfaucon en avril 1315, après un procès pour sorcellerie.

Le geste le plus remarquable du règne est l’édit du 3 juillet 1315, qui proclame que « selon le droit de nature, chacun doit naître franc ». Ce texte prévoit l’affranchissement des serfs du domaine royal — à condition qu’ils rachètent leur liberté. Si la portée réelle de cette mesure reste limitée au bailliage de Senlis et à quelques zones du domaine, elle constitue un précédent symbolique majeur dans l’histoire du droit français. Louis X lance également une expédition militaire en Flandre, qui s’enlise dans la boue et la pluie sans résultat.

Louis X meurt brutalement le 5 juin 1316 à Vincennes, peut-être d’une pleurésie contractée après une partie de jeu de paume. Sa première épouse, Marguerite de Bourgogne, avait été emprisonnée pour adultère dans l’affaire de la tour de Nesle en 1314, puis était morte en captivité. Sa seconde épouse, Clémence de Hongrie, est enceinte à la mort du roi, ouvrant une crise de succession inédite.