Philippe IV le Bel

Philippe IV le Bel

1285-1314

Il ne convient pas que la papauté usurpe le pouvoir royal, ni la royauté le pouvoir papal.

Lettre royale au pape Boniface VIII (1302)
Roi de fer, il affronta le pape Boniface VIII et supprima l’ordre du Temple

Philippe IV, dit « le Bel » pour sa prestance physique, monte sur le trône en 1285 à l’âge de dix-sept ans. Personnage énigmatique — ses contemporains le décrivent comme un sphinx silencieux —, il s’entoure de légistes formés au droit romain, les « chevaliers ès lois », qui deviennent les instruments d’une politique de centralisation sans précédent. Guillaume de Nogaret et Enguerrand de Marigny sont les plus célèbres de ces conseillers qui transforment la monarchie féodale en un État administratif moderne.

Le règne de Philippe le Bel est marqué par deux affrontements retentissants. Le premier l’oppose au pape Boniface VIII, qui prétend soumettre le roi de France à l’autorité pontificale. Philippe convoque les premiers États généraux de l’histoire en 1302, obtient le soutien de la nation, puis envoie Nogaret arrêter le pape à Anagni en 1303 — un coup de force inouï qui aboutit à l’installation de la papauté en Avignon sous Clément V en 1309. Le second affrontement vise l’ordre du Temple : le vendredi 13 octobre 1307, tous les Templiers de France sont arrêtés simultanément, accusés d’hérésie. Après des années de procès et de tortures, le grand maître Jacques de Molay est brûlé vif à Paris le 18 mars 1314.

Philippe le Bel meurt le 29 novembre 1314 à Fontainebleau, quelques mois après le supplice de Molay. La légende veut que le grand maître ait maudit le roi et sa descendance depuis son bûcher — et de fait, les trois fils de Philippe mourront sans héritier mâle en moins de quatorze ans, entraînant l’extinction des Capétiens directs. Son règne, autoritaire et novateur, marque la naissance de l’État moderne en France.