Philippe Ier de France
1060-1108
Monté sur le trône à l’âge de huit ans en 1060, Philippe Ier bénéficie d’abord de la régence de sa mère Anne de Kiev et du comte Baudouin V de Flandre. Son règne, le plus long de la dynastie capétienne directe avec quarante-huit années, se déploie dans une période charnière : la conquête de l’Angleterre par Guillaume le Normand en 1066 bouleverse l’équilibre des puissances en Europe occidentale, faisant du vassal normand un souverain rivalisant avec son suzerain capétien.
Philippe Ier se montre habile à tirer profit des divisions entre ses voisins. Il agrandit le domaine royal en acquérant le Vexin français, le Gâtinais et la vicomté de Bourges — des gains modestes mais stratégiques qui renforcent le cœur du royaume. Cependant, sa réputation est ternie par le scandale retentissant de son enlèvement de Bertrade de Montfort, épouse du comte Foulque IV d’Anjou, en 1092. Cette union adultère lui vaut une excommunication prononcée au concile d’Autun en 1094 et renouvelée au concile de Clermont en 1095. L’interdit pèsera sur lui pendant dix ans, l’empêchant notamment de prendre part à la première croisade.
Philippe Ier meurt le 29 juillet 1108 à Melun. Malgré ses démêlés avec l’Église, il laisse à son fils Louis VI un domaine plus étendu et une monarchie plus affirmée. Son long règne aura permis d’ancrer durablement la dynastie capétienne et de poser les bases de la reconquête de l’autorité royale sur les grands féodaux.