Henri Ier de France
1031-1060
L’accession d’Henri Ier au trône en 1031 s’inscrit dans un contexte de crise dynastique. Déjà sacré roi associé du vivant de son père Robert II, il doit affronter la révolte de sa propre mère, Constance d’Arles, qui lui préfère son frère cadet Robert. Réfugié auprès du duc de Normandie Robert le Magnifique, Henri ne parvient à reprendre le contrôle du royaume qu’au prix de concessions territoriales majeures : il cède le duché de Bourgogne à son frère Robert, créant ainsi une branche cadette qui perdurera jusqu’au XIVe siècle.
Le règne d’Henri Ier est dominé par la montée en puissance de la Normandie sous Guillaume le Bâtard, futur Conquérant de l’Angleterre. Après avoir d’abord soutenu le jeune duc, Henri se retourne contre lui et lance deux expéditions militaires en Normandie, toutes deux soldées par des défaites cuisantes : à Mortemer en 1054 et à Varaville en 1058. Ces échecs consacrent l’indépendance de fait du duché normand. Sur le plan diplomatique, Henri innove en épousant en 1051 Anne de Kiev, fille du prince Iaroslav le Sage, une alliance lointaine qui témoigne de l’isolement relatif du roi capétien parmi les princes d’Occident.
Henri Ier meurt le 4 août 1060 à Vitry-aux-Loges, laissant un fils de huit ans, le futur Philippe Ier, sous la régence d’Anne de Kiev et du comte Baudouin V de Flandre. Son règne illustre les difficultés structurelles de la monarchie capétienne au XIe siècle : un domaine royal étriqué, des vassaux plus puissants que le roi, et une autorité qui peine à s’imposer au-delà de l’Île-de-France.