Philippe V le Long

Philippe V le Long

1317-1322

Il instaura la loi salique excluant les femmes de la succession

Philippe V, dit « le Long » pour sa haute stature, accède au trône en janvier 1317 après la mort de son neveu Jean Ier le Posthume, en écartant sa nièce Jeanne, fille de Louis X. Son sacre à Reims est confirmé par une assemblée de prélats, barons et bourgeois de Paris qui valide le principe selon lequel « femme ne succède pas au royaume de France ». Ce précédent, justifié a posteriori par les juristes au moyen d’une antique loi salique des Francs, deviendra la règle fondamentale de la succession royale.

Philippe V se révèle un administrateur compétent et ambitieux. Il réforme en profondeur les institutions du royaume : création d’une Chambre des comptes indépendante pour contrôler les finances, tentative d’unification des poids et mesures et d’instauration d’une monnaie unique sur tout le territoire. Il réorganise l’Hôtel du roi, le Parlement et la Chancellerie pour en faire des instruments efficaces de gouvernement centralisé. Mais ces réformes se heurtent à la résistance des seigneurs et des villes, et beaucoup restent inachevées.

Philippe V meurt le 3 janvier 1322 à Longchamp, probablement de dysenterie, sans laisser d’héritier mâle — ses fils étant morts en bas âge. Conformément au précédent qu’il a lui-même établi, le trône passe à son frère cadet Charles IV, et non à ses filles. Son règne, bien que bref, illustre la tension entre modernisation administrative et résistances féodales qui caractérise la fin de la dynastie capétienne directe.