Robert II le Pieux

Robert II le Pieux

996-1031

Roi lettré et dévot, il renforça l’autorité royale face aux grands vassaux

Fils d’Hugues Capet, Robert II accède au trône en 996 après avoir été associé au pouvoir dès l’âge de quinze ans. Formé par le brillant Gerbert d’Aurillac — futur pape Sylvestre II —, il est l’un des rois les plus cultivés de son temps : compositeur d’hymnes religieux, lecteur assidu, il mérite son surnom de « Pieux » autant par sa dévotion que par son goût pour les lettres. Pourtant, ses déboires conjugaux le placent en conflit ouvert avec la papauté : son mariage avec sa cousine Berthe de Bourgogne, contracté en 996, lui vaut une excommunication et un interdit jeté sur le royaume.

Le fait d’armes majeur de Robert II demeure la conquête du duché de Bourgogne. À la mort de son oncle Henri, duc de Bourgogne, en 1002, le roi revendique l’héritage face au comte Otte-Guillaume. Il lui faudra plus de douze années de campagnes militaires acharnées (1003-1016) pour soumettre la région et la rattacher au domaine royal — un élargissement territorial considérable pour l’époque capétienne. Il confie ensuite le duché à son fils Henri.

La fin du règne est assombrie par les révoltes de ses propres fils, Henri et Robert, qui prennent les armes contre leur père avec l’appui de la reine Constance d’Arles. Robert II meurt le 20 juillet 1031 à Melun, épuisé par ces luttes familiales. Son règne, long de trente-cinq ans, aura néanmoins renforcé la présence capétienne au-delà de l’Île-de-France et affirmé le prestige religieux de la monarchie.