Jean-de-Dieu Soult
1769 - 1851
Fils d’un notaire du Tarn, Jean-de-Dieu Soult naît en 1769 et s’engage dans l’armée royale à seize ans. La Révolution lui ouvre les portes du commandement : distingué à Fleurus en 1794, il est général de division à trente ans. C’est lors de la campagne d’Austerlitz en 1805 que son génie tactique éclate : son corps d’armée porte l’attaque décisive sur le plateau de Pratzen, brisant le centre de la coalition austro-russe et offrant à Napoléon sa plus belle victoire. Il reçoit le titre de duc de Dalmatie.
De 1808 à 1814, Soult commande les forces françaises dans la péninsule Ibérique, affrontant Wellington dans une série de batailles acharnées. Sa maîtrise de la guerre défensive lui permet de maintenir les positions françaises bien plus longtemps que prévu, malgré des moyens insuffisants. Il se distingue également par ses talents d’administrateur, organisant les territoires conquis avec une efficacité remarquable — quoique ternie par sa réputation de pillard d’œuvres d’art espagnoles.
Après la chute de l’Empire, Soult connaît une seconde carrière politique exceptionnelle. Sous la monarchie de Juillet, il est trois fois président du Conseil (premier ministre) entre 1832 et 1847, servant fidèlement Louis-Philippe. Il reçoit en 1847 le titre unique de maréchal général de France, distinction que seuls Turenne, Villars et Saxe avaient portée avant lui. Il meurt le 26 novembre 1851 dans son château de Soult-Berg, près de sa ville natale, quelques jours avant le coup d’État de Louis-Napoléon Bonaparte.