Guillaume Marie-Anne Brune

Guillaume Marie-Anne Brune

1763 - 1815

Assassiné à Avignon durant la Terreur blanche

Né à Brive-la-Gaillarde en 1763, Guillaume Brune étudie le droit et devient journaliste politique à Paris avant de s’engager dans la Garde nationale au début de la Révolution. Proche de Danton, il embrasse avec ferveur les idées républicaines et rejoint l’armée, où son courage le propulse rapidement aux grades supérieurs. Général de brigade sous Bonaparte en Italie, il se distingue à Arcole en 1796, fonde la République helvétique en 1798, puis remporte en 1799 la victoire décisive de Bergen en Hollande, chassant les Anglo-Russes du territoire batave.

Nommé maréchal d’Empire en 1804, Brune est pourtant tenu à l’écart par Napoléon après un incident diplomatique en 1807 : il emploie l’expression « l’armée française » au lieu de « l’armée de Sa Majesté Impériale » dans une convention avec les Suédois. Cette disgrâce dure sept ans. Il est le seul maréchal, avec Jourdan, à ne jamais recevoir de titre de noblesse impériale. Rappelé tardivement en 1815, il commande la défense du Var pendant les Cent-Jours.

La fin de Brune est l’un des épisodes les plus sombres de la Terreur blanche. Le 2 août 1815, de passage à Avignon, il est reconnu par une milice royaliste, la bande des Trestaillons. Traqué dans l’hôtel du Palais-Royal, il est abattu par balles, son corps mutilé puis jeté dans le Rhône. Il avait cinquante-deux ans. Son assassinat, resté largement impuni, symbolise la violence des représailles royalistes contre les fidèles de l’Empire dans le Midi de la France.