Charles X
1824-1830
Charles-Philippe, comte d’Artois, succède à son frère Louis XVIII en septembre 1824 sous le nom de Charles X. Dernier roi sacré à Reims, le 29 mai 1825, dans une cérémonie fastueuse rappelant l’Ancien Régime, il affiche d’emblée sa volonté de restaurer pleinement l’autorité royale et la prééminence de l’Église catholique. Ultra-royaliste convaincu, il a passé les années révolutionnaires en exil et n’a jamais accepté les principes de 1789. Dès le début de son règne, il fait voter la loi sur le milliard des émigrés pour indemniser les nobles dépossédés et rétablit la peine de mort pour sacrilège, mesures qui inquiètent l’opinion libérale.
Le conflit entre le roi et la chambre des députés s’envenime progressivement. Malgré les mises en garde, Charles X s’obstine dans une politique réactionnaire qui heurte la bourgeoisie et la presse. Le 25 juillet 1830, depuis le château de Saint-Cloud, il signe quatre ordonnances qui suspendent la liberté de la presse, dissolvent la chambre nouvellement élue, restreignent le droit de vote et convoquent de nouvelles élections sous un régime encore plus censitaire. Ces ordonnances provoquent une insurrection immédiate à Paris : pendant les trois journées révolutionnaires des 27, 28 et 29 juillet 1830, dites les Trois Glorieuses, le peuple parisien dresse des barricades et affronte les troupes royales.
Contraint d’abdiquer le 2 août 1830, Charles X part en exil, d’abord en Angleterre puis en Autriche et en Italie, où il meurt du choléra à Görz le 6 novembre 1836. La chambre des députés appelle le duc d’Orléans, Louis-Philippe, qui devient roi des Français et non plus roi de France, inaugurant la monarchie de Juillet. Avec Charles X s’achève le règne des Bourbons en ligne directe sur le trône de France, mettant fin à une dynastie qui aura régné, avec interruptions, pendant plus de deux siècles.