Clotilde
~475 - 545
Née vers 475 dans la famille royale burgonde, Clotilde est la nièce du roi Gondebaud de Burgondie. Son mariage avec Clovis Ier, roi des Francs, vers 493, n’est pas seulement une alliance politique entre deux puissances barbares : il devient le point de départ d’une transformation religieuse qui marquera durablement l’histoire de l’Occident chrétien. Élevée dans la foi catholique nicéenne, Clotilde s’attache dès les premières années de son mariage à convertir son époux, encore attaché au polythéisme germanique de ses ancêtres.
L’occasion décisive se présente lors de la bataille de Tolbiac, vers 496, où Clovis, cerné par les Alamans, invoque le « Dieu de Clotilde » et sort victorieux. Tenu par son vœu, il accepte le baptême administré par saint Remi, évêque de Reims — un événement que la tradition a solennisé sous le nom de « sacre de Reims ». Clotilde avait préparé ce moment par des années de persuasion patiente et de prières, secondée par l’évêque Avit de Vienne. En embrassant le christianisme catholique plutôt que l’arianisme des autres rois barbares, Clovis s’assure le soutien de l’Église et des populations gallo-romaines, un calcul politique autant qu’une conversion sincère — mais c’est Clotilde qui en fut l’artisane.
À la mort de Clovis en 511, Clotilde se retire à Tours auprès du tombeau de saint Martin, qu’elle vénère. Elle y passe les trente-quatre dernières années de sa vie dans la prière, les œuvres de charité et la fondation d’établissements religieux. Son existence à Tours est cependant troublée par les guerres fratricides que se livrent ses fils, chagrin profond qu’elle ne peut empêcher. Elle meurt en 545 et est inhumée aux côtés de Clovis en la basilique des Saints-Apôtres de Paris. Canonisée par l’Église catholique, elle est fêtée le 3 juin : première grande reine chrétienne des Francs, elle demeure le symbole de la christianisation du royaume mérovingien.