Louis XV

Louis XV

1715-1774

Après moi, le déluge.

Attribué par Mme du Hausset, Mémoires (vers 1760)
Le Bien-Aimé, son long règne vit l’essor des Lumières et le déclin colonial

Arrière-petit-fils de Louis XIV, Louis XV n’a que cinq ans lorsqu’il devient roi en septembre 1715. Philippe d’Orléans, neveu du défunt roi, assure la régence jusqu’en 1723, période marquée par une certaine détente après les rigueurs du règne précédent et par la banqueroute du système de Law. Déclaré majeur en 1723, le jeune souverain laisse d’abord gouverner le cardinal de Fleury, son ancien précepteur, qui maintient la paix et l’équilibre des finances jusqu’à sa mort en 1743. Populaire dans sa jeunesse, Louis XV reçoit le surnom de Bien-Aimé après avoir frôlé la mort lors d’une grave maladie à Metz en 1744.

Le règne est marqué par un contraste saisissant entre éclat culturel et revers militaires. La marquise de Pompadour, maîtresse influente du roi de 1745 à sa mort en 1764, favorise les arts, les lettres et la philosophie des Lumières. Mais la désastreuse guerre de Sept Ans, de 1756 à 1763, se solde par le traité de Paris qui consacre la perte du Canada, de la Louisiane et des comptoirs indiens au profit de l’Angleterre. L’empire colonial français est pratiquement anéanti. Sur le plan intérieur, les tentatives de réforme fiscale se heurtent à l’opposition des parlements et des privilégiés, creusant le fossé entre la couronne et l’opinion publique.

Louis XV meurt de la variole le 10 mai 1774 à Versailles, devenu impopulaire et surnommé désormais le Mal-Aimé. Son long règne de cinquante-neuf ans laisse un bilan contrasté : si la France a connu un remarquable essor intellectuel avec Voltaire, Montesquieu et l’Encyclopédie, elle sort affaiblie sur la scène internationale et criblée de dettes. Les réformes reportées et les tensions accumulées lèguent à son successeur Louis XVI un royaume au bord de la crise, dont les fractures éclateront quinze ans plus tard avec la Révolution.