Louis XVI
1774-1792
Français, je meurs innocent ; je pardonne aux auteurs de ma mort.
Dernières paroles sur l'échafaud, 21 janvier 1793
Petit-fils de Louis XV, Louis XVI monte sur le trône en mai 1774 à l’âge de dix-neuf ans, héritant d’un royaume en proie à une grave crise financière. Conscient de la nécessité de réformer, il nomme successivement des ministres éclairés comme Turgot, puis Necker, pour tenter de rétablir les finances et moderniser l’économie. Mais chaque tentative de réforme fiscale se heurte à l’opposition farouche des parlements et de la noblesse, qui refusent de renoncer à leurs privilèges. Généreux de nature mais indécis, le roi peine à imposer son autorité face aux blocages institutionnels qui paralysent la monarchie.
Le fait d’armes le plus marquant du règne est le soutien décisif de la France aux insurgés américains. En 1778, Louis XVI signe un traité d’alliance avec les États-Unis et envoie un corps expéditionnaire commandé par Rochambeau, ainsi qu’une flotte et des millions de livres. Cette intervention contribue à la victoire de Yorktown en 1781 et à l’indépendance américaine, mais elle aggrave considérablement le déficit. Acculé, le roi se résout à convoquer les États généraux en mai 1789, ouvrant sans le vouloir la voie à la Révolution. La prise de la Bastille, la Déclaration des droits de l’homme et la marche des femmes sur Versailles bouleversent l’ordre ancien.
Après la tentative de fuite avortée à Varennes en juin 1791, la confiance entre le roi et la nation est définitivement rompue. Le 10 août 1792, l’insurrection parisienne renverse la monarchie. Emprisonné au Temple, Louis XVI est jugé par la Convention nationale, reconnu coupable de conspiration contre la liberté publique et condamné à mort à une courte majorité. Il est guillotiné le 21 janvier 1793, mettant fin à plus de mille ans de monarchie continue. Son exécution provoque une onde de choc dans toute l’Europe et ouvre l’ère des guerres révolutionnaires.