Philippe III le Hardi
1270-1285
Philippe III succède à son père Saint Louis devant Tunis en 1270, dans des circonstances tragiques : l’armée croisée est décimée par l’épidémie, et le nouveau roi doit ramener en France les dépouilles de son père, de son frère et de son épouse, morts durant l’expédition. Surnommé « le Hardi » pour le courage dont il fait preuve lors de cette épreuve, Philippe hérite d’un royaume prospère et respecté, mais il ne possède pas la stature politique de son père. Son règne se caractérise par l’influence croissante de ses conseillers, notamment Pierre de la Brosse, chambellan favori qu’il finira par faire pendre en 1278.
Le fait territorial majeur du règne est le rattachement définitif du comté de Toulouse au domaine royal en 1271, à la mort d’Alphonse de Poitiers, frère de Saint Louis, décédé sans héritier. Ce gain considérable étend l’autorité directe du roi jusqu’à la Méditerranée. Philippe soutient également les ambitions de son oncle Charles d’Anjou en Italie méridionale, s’impliquant dans les affaires siciliennes qui se compliquent dramatiquement après les Vêpres siciliennes de 1282, lorsque les Angevins sont massacrés et chassés de l’île par les partisans de Pierre III d’Aragon.
En réponse, Philippe III lance en 1285 la « croisade d’Aragon », une expédition désastreuse en Catalogne. Après un siège infructueux de Gérone et la destruction de sa flotte aux îles Formigues, l’armée française, ravagée par une épidémie, entame une retraite chaotique. Philippe III meurt le 5 octobre 1285 à Perpignan, lors de ce repli. Son règne illustre les limites d’une politique extérieure ambitieuse sans les moyens de la soutenir.