Louis II le Bègue

Louis II le Bègue

877-879

Règne bref marqué par les luttes contre les grands du royaume

Fils de Charles le Chauve, Louis II dit « le Bègue » accéda au trône dans des circonstances difficiles. Son père était mort en Italie sans avoir assuré une succession solide, et les grands du royaume profitèrent de la transition pour arracher de nouvelles concessions. Louis dut se soumettre à une cérémonie d’élection à Compiègne avant même son sacre à Reims en décembre 877, marquant ainsi le recul de la légitimité héréditaire face au principe électif que les grands entendaient imposer.

Durant ses deux brèves années de règne, Louis le Bègue fut incapable d’imposer son autorité aux puissants comtes et marquis du royaume. Les Vikings continuaient de frapper les côtes atlantiques et normandes sans rencontrer de résistance organisée. Sur le plan intérieur, les rivalités entre factions aristocratiques paralysaient le gouvernement royal. Son règne est représentatif du délitement progressif du pouvoir carolingien face à la montée des grandes familles féodales.

Frappé d’une santé fragile — son surnom fait peut-être allusion à une faiblesse physique plus générale que le seul défaut d’élocution —, Louis mourut en avril 879, à l’âge d’une trentaine d’années, laissant deux fils mineurs issus de deux unions successives : Louis et Carloman. Ce règne interrompu accentua la crise de succession qui agitait la Francie occidentale et contraignit les grands à improviser une régence collective.