André Masséna
1758 - 1817
Né à Nice en 1758, alors territoire du royaume de Sardaigne, André Masséna est l’un des plus brillants généraux de la Révolution et de l’Empire. Orphelin élevé par un oncle, il s’engage à dix-sept ans dans l’armée royale française et y sert quatorze ans avant de quitter le service comme sous-officier. La Révolution lui offre l’ascension que l’Ancien Régime lui refusait : en quelques années, il passe de capitaine à général de division, s’illustrant lors des campagnes d’Italie où Bonaparte le surnomme « l’enfant chéri de la victoire ».
Ses faits d’armes les plus remarquables sont la victoire de Rivoli en 1797, qui scelle la conquête de l’Italie du Nord, et surtout la bataille de Zurich en 1799, où il écrase les troupes russes de Souvorov — victoire décisive qui sauve la France d’une invasion. Nommé maréchal en 1804 et duc de Rivoli en 1808, il reçoit le titre de prince d’Essling après la sanglante bataille du même nom en 1809. En 1810, Napoléon lui confie le commandement de l’armée du Portugal, mais la campagne contre Wellington s’enlise devant les lignes de Torres Vedras et se termine par un repli.
Cet échec au Portugal marque la fin de sa carrière active. Masséna se retire dans son domaine, affaibli par les années de campagne et rongé par les rivalités au sein du commandement impérial. Il meurt à Paris le 4 avril 1817, à cinquante-huit ans. Napoléon, à Sainte-Hélène, le considérait comme le plus grand de ses maréchaux — un stratège capable de renverser les situations les plus désespérées par son sang-froid et son énergie indomptable.