Auguste de Marmont
1774 - 1852
Né en 1774 à Châtillon-sur-Seine dans une famille de petite noblesse bourguignonne, Auguste de Marmont se lie avec Bonaparte dès le siège de Toulon en 1793. Artilleur brillant, il accompagne le futur empereur en Italie et en Égypte, gravissant les échelons jusqu’au grade de général de division en 1800. Nommé gouverneur de la Dalmatie en 1806, il reçoit le titre de duc de Raguse en 1808 et le bâton de maréchal en 1809 après la campagne de Wagram.
En Espagne, où il commande l’armée du Portugal à partir de 1811, Marmont se montre manœuvrier habile mais est grièvement blessé à la bataille des Arapiles (Salamanque) en juillet 1812, défaite qui compromet les positions françaises dans la Péninsule. De retour en 1813, il participe aux campagnes d’Allemagne et de France. Mais c’est en avril 1814 que son nom devient synonyme de trahison : commandant la défense de Paris, il fait défection avec l’ensemble de son corps d’armée et passe aux Alliés, précipitant l’abdication de Napoléon.
Cet épisode, connu sous le nom de « trahison de l’Essonne », marque Marmont d’une infamie durable. Le verbe « raguser » — trahir — entre dans la langue française, forgé à partir de son titre ducal. Exilé après les Trois Glorieuses de 1830 pour avoir défendu Charles X, il erre à travers l’Europe et meurt à Venise le 2 mars 1852. Malgré ses talents militaires réels, son nom reste dans l’histoire comme celui du maréchal qui livra l’Empereur.