Édouard Mortier
1768 - 1835
Né en 1768 dans le Nord, d’ascendance franco-anglaise, Édouard Mortier est le fils d’un marchand de drap. Engagé volontaire en 1791, il gravit rapidement les échelons durant les guerres de la Révolution. Sa haute stature — il mesure près de deux mètres — et son tempérament calme lui valent le respect de ses troupes. Nommé maréchal en 1804, il prend le commandement de l’infanterie de la Garde impériale et participe à la campagne d’Austerlitz en 1805.
Fait duc de Trévise en 1808, Mortier se distingue en Espagne, où il remporte la victoire d’Ocaña en novembre 1809, écrasant soixante mille Espagnols avec moins de trente mille Français — l’une des plus nettes victoires françaises de la guerre de la Péninsule. Pendant la campagne de Russie en 1812, il commande la Jeune Garde et partage avec Ney l’honneur de couvrir la retraite lors du passage de la Bérézina. Il se bat jusqu’au bout lors de la campagne de France en 1814, défendant Paris avant la capitulation.
Le destin de Mortier prend un tour tragique sous la monarchie de Juillet. Nommé président du Conseil et ministre de la Guerre en 1834, il accompagne le roi Louis-Philippe lors d’une revue militaire le 28 juillet 1835 sur le boulevard du Temple, quand l’attentat de Fieschi — une machine infernale de vingt-cinq canons — frappe le cortège royal. Mortier est tué sur le coup, aux côtés de onze autres victimes. Son corps repose dans la crypte des Invalides.