Jean Lannes
1769 - 1809
Dans une heure, vous aurez perdu celui qui meurt votre meilleur ami.
Paroles à Napoléon, Essling, 22 mai 1809
Né en 1769 à Lectoure, dans le Gers, fils d’un garçon d’écurie, Jean Lannes s’engage comme volontaire en 1792 et s’élève par son courage exceptionnel du rang de simple soldat à celui de général de division en sept ans. C’est l’un des rares compagnons d’armes que Napoléon considère comme un véritable ami — le seul auquel il permet de le tutoyer. Leur lien, forgé dans les combats d’Italie et d’Égypte, est l’un des plus authentiques de l’épopée napoléonienne.
Nommé maréchal en 1804 et duc de Montebello en 1808, Lannes participe à toutes les grandes batailles de l’Empire. Son rôle est décisif à Austerlitz en 1805, à Iéna en 1806, à Friedland en 1807. En Espagne, il conduit le terrible siège de Saragosse en 1809, où la résistance acharnée des défenseurs espagnols marque profondément ce soldat pourtant endurci. Réputé pour sa franchise brutale, il est aussi l’un des rares à oser dire la vérité à Napoléon, y compris critiquer ses décisions en conseil de guerre.
Le 22 mai 1809, à la bataille d’Essling, un boulet de canon lui fracasse les deux jambes. Amputé sur le champ de bataille, Lannes agonise pendant neuf jours avant de mourir le 31 mai, à quarante ans. Napoléon, effondré, déclare avoir perdu « le plus distingué des généraux de mon armée, mon compagnon d’armes depuis seize ans, mon meilleur ami ». Inhumé au Panthéon après des funérailles grandioses, Lannes reste dans la mémoire militaire française le modèle du courage sans calcul.