Michel Ney
1769 - 1815
Soldats, droit au cœur !
Dernières paroles, exécution le 7 décembre 1815
Né en 1769 à Sarrelouis, en Lorraine, fils d’un tonnelier, Michel Ney s’engage à dix-huit ans dans un régiment de hussards et gravit tous les échelons par sa bravoure légendaire. Napoléon le surnomme « le Brave des Braves » — distinction suprême dans une armée qui ne manque pas de courage. Nommé maréchal en 1804, duc d’Elchingen en 1808 après sa victoire du même nom, puis prince de la Moskowa en 1812, Ney incarne l’héroïsme militaire poussé jusqu’à la témérité.
C’est lors de la retraite de Russie en 1812 que sa légende atteint son apogée. Commandant l’arrière-garde de la Grande Armée, il protège le repli de centaines de milliers de soldats affamés et gelés, fusil en main, le dernier à traverser le Niémen. Napoléon le croyait mort et s’exclame à son retour : « J’ai deux cents millions dans mes caves, je les aurais donnés pour racheter Ney ! » En 1815, envoyé par Louis XVIII pour arrêter Napoléon à son retour de l’île d’Elbe, il se rallie à l’Empereur — un geste qui scellera son destin.
Après Waterloo, Ney est arrêté, jugé pour haute trahison par la Chambre des pairs et condamné à mort. Le 7 décembre 1815, il est fusillé à Paris, près du jardin du Luxembourg. Refusant le bandeau et de s’agenouiller, il commande lui-même le peloton : « Soldats, droit au cœur ! » Sa mort soulève l’indignation des anciens de la Grande Armée et nourrit une légende qui ne s’est jamais éteinte.