Étienne Macdonald
1765 - 1840
Né en 1765 à Sedan, Étienne Macdonald descend d’une famille jacobite écossaise réfugiée en France sous Louis XIV. Officier dès la Révolution, il s’élève rapidement dans les armées républicaines, combattant à Jemmapes en 1792 et atteignant le grade de général de division en 1793. Sa carrière connaît ensuite une éclipse : après la bataille de la Trébie en 1799, où il est défait par le Russe Souvorov, il est mis en demi-solde et écarté du commandement pendant dix ans, victime de sa proximité avec le général Moreau, rival de Bonaparte.
C’est la campagne d’Autriche de 1809 qui le ramène au premier plan. Commandant l’aile droite de l’armée du prince Eugène en Italie, Macdonald fait sa jonction avec la Grande Armée à temps pour la bataille de Wagram le 6 juillet. Il forme alors la célèbre « colonne Macdonald » — une formation compacte de huit mille hommes lancée comme un coin dans le centre autrichien. L’attaque est d’une violence inouïe et contribue à la victoire. Napoléon, impressionné, le fait maréchal sur le champ de bataille même — honneur unique dans l’histoire de l’Empire. Il est ensuite titré duc de Tarente.
Fidèle à l’Empereur jusqu’à l’abdication de 1814, Macdonald négocie les conditions de la retraite de Napoléon à l’île d’Elbe. Il se rallie ensuite aux Bourbons avec loyauté, refusant de rejoindre Napoléon pendant les Cent-Jours. Il meurt le 25 septembre 1840, à soixante-quatorze ans. Estimé pour son honneur et sa droiture, Macdonald est l’un des rares maréchaux à avoir navigué entre les régimes sans jamais compromettre sa dignité.