Blanche de Castille

Blanche de Castille

1188 - 1252

Régente de France, mère de Saint Louis

Née en 1188 à Palencia, Blanche est la fille du roi Alphonse VIII de Castille et d’Aliénor d’Angleterre — elle-même fille d’Aliénor d’Aquitaine et d’Henri II Plantagenêt. C’est donc à une petite-fille des deux souverains les plus puissants de son temps que revient le destin de la couronne de France. En 1200, sa grand-mère Aliénor en personne effectue le voyage en Castille pour la choisir parmi ses petites-filles et la conduire en France, où elle épouse le futur Louis VIII. Intelligente, pieuse et dotée d’un caractère inflexible, Blanche se forme durant deux décennies à la pratique du pouvoir royal aux côtés d’un époux qui règne peu — Louis VIII meurt en 1226 après seulement trois ans de règne, laissant un roi-enfant de douze ans, le futur Louis IX.

La première régence de Blanche (1226-1234) est une épreuve d’une extrême violence politique. Les grands barons du royaume, qui n’ont jamais accepté d’être gouvernés par une femme étrangère, forment une ligue et tentent à plusieurs reprises d’enlever le jeune roi. Blanche déjoue leurs complots avec une fermeté remarquable, multipliant les alliances tactiques, recourant à la force lorsque nécessaire, et s’appuyant sur les villes royales dont elle sait ménager les libertés. Elle pacifie le Midi grâce au mariage de Louis IX avec Marguerite de Provence (1234) et consolide les acquisitions territoriales issues de la croisade albigeoise. Son autorité sur son fils est telle que les chroniqueurs, parfois malveillants, lui reprochent d’avoir maintenu sa tutelle au-delà du raisonnable — mais c’est précisément cette rigueur morale et politique qu’elle lui a transmise qui fera de Louis IX le roi le plus respecté de son siècle.

Lorsque Louis IX part en croisade en 1248, il confie à nouveau la régence à sa mère, alors âgée de soixante ans. Blanche gouverne le royaume avec la même énergie jusqu’à sa mort en novembre 1252, sans jamais apprendre que son fils rentre de Terre Sainte. Elle mourra régente, en pleine action, après avoir passé plus de vingt ans à exercer le pouvoir effectif de la monarchie capétienne. Enterrée à l’abbaye de Maubuisson qu’elle avait fondée, elle est considérée par les historiens comme l’une des plus grandes souveraines du Moyen Âge français : gardienne inflexible de l’autorité royale, mère de saint, et artisane de la grandeur capétienne.