Hildegarde de Vintzgau
758 - 783
Née en 758 dans une famille noble souabe, Hildegarde de Vintzgau entre dans l’histoire par son mariage avec Charlemagne en 771 ou 772, peu après que le roi des Francs eut répudié Désirée, sa première épouse lombarde. Elle n’a alors qu’une douzaine d’années. L’union est manifestement heureuse : Einhard, biographe de Charlemagne, la désigne comme l’épouse que le roi aima le plus entre toutes, et les sources carolingiennes évoquent une femme douce, instruite, et appréciée à la cour. Elle accompagne souvent son époux dans ses déplacements, assistant aux grandes assemblées du royaume.
Hildegarde donne à Charlemagne neuf enfants en onze ans de mariage — une fécondité remarquable qui témoigne à la fois de la faveur royale et des dures réalités de la maternité médiévale. Parmi eux, Louis, dit le Pieux, né en 778, qui héritera de l’Empire carolingien ; Charles, futur roi de France, et Pépin, futur roi d’Italie ; et plusieurs filles dont les noms ornent les actes royaux de l’époque. Sa présence discrète mais constante dans les diplômes et les chroniques suggère qu’elle exerçait une influence réelle, peut-être comme intermédiaire entre Charlemagne et les milieux ecclésiastiques.
Elle meurt en 783, à seulement vingt-cinq ans, épuisée par les maternités successives. Charlemagne, dit-on, en fut profondément affecté, et sa mémoire fut entretenue avec soin à la cour. Elle est inhumée en la cathédrale de Metz. Sa courte vie contraste avec l’immensité de son héritage : c’est elle qui donna à l’Europe son futur empereur Louis le Pieux, continuateur de l’œuvre de Charlemagne. Hildegarde de Vintzgau incarne cette figure discrète mais essentielle des reines du haut Moyen Âge, dont l’existence entière était dévolue à la transmission dynastique et à la légitimité du pouvoir.