Marie Leszczynska

Marie Leszczynska

1703 - 1768

Reine de France, épouse discrète de Louis XV

Marie Leszczynska naît en 1703 à Trzebnica, en Silésie, fille de Stanislas Leszczynski, roi de Pologne destitué par Auguste II de Saxe avec l’appui du tsar. Exilée avec son père à Wissembourg en Alsace, puis à Chambord, elle mène l’existence modeste d’une princesse sans trône lorsque, en 1725, le roi de France Louis XV cherche épouse. Le choix de la cour surprend : à vingt-deux ans, Marie est considérée comme une vieille fille pour une reine, roturière de rang parmi les candidates ; mais le Premier ministre Bourbon, soucieux d’écarter les prétendantes plus puissantes, impose ce mariage inattendu. Louis XV, âgé de quinze ans, est séduit. La cérémonie est célébrée à Fontainebleau en septembre 1725.

La reine donne au roi dix enfants en dix ans — sept filles et trois fils dont le futur Louis XVI ne vient pas d’elle mais de son fils le dauphin Louis — s’acquittant de son devoir dynastique avec une constance qui épuise sa santé. Pieuse, charitable, amateur de peinture et de musique, elle crée une cour intérieure à Versailles marquée par la dévotion et les arts. Mais Louis XV, lassé d’une épouse vieillissante, multiplie les maîtresses : après les favorites discrètes vient Madame de Pompadour (1745-1764), qui s’installe durablement dans la vie du roi et dans les rouages du gouvernement, reléguant Marie à un rôle purement représentatif. La reine accepte cette humiliation avec une résignation que ses dévots admirent et que ses contempteurs confondent avec l’abdication.

Malgré son effacement politique, Marie Leszczynska jouit d’une popularité sincère auprès du peuple français, qui la voit comme une reine modeste et charitable dans un Versailles fastueux. Elle protège discrètement des artistes, commande des portraits et des scènes de genre, contribue à l’essor de la peinture française du XVIIIe siècle. Son père Stanislas, installé par Louis XV comme duc de Lorraine en 1737, fait de Nancy une capitale des Lumières dont la place royale — aujourd’hui place Stanislas — porte son nom au patrimoine mondial. Marie meurt en juin 1768, sept ans avant son époux, épuisée et pieuse, laissant le souvenir d’une reine qui n’avait pas cherché le pouvoir et s’était contentée de remplir avec dignité un rôle que la cour lui avait d’emblée rétréci.