Marie Stuart

Marie Stuart

1542 - 1587

Reine de France et d’Écosse, exécutée par Élisabeth Ire

Marie Stuart naît en décembre 1542 au château de Linlithgow, et devient reine d’Écosse six jours plus tard à la mort de son père Jacques V. Pupille du Parlement écossais puis de la couronne française, elle est envoyée à la cour de France à l’âge de cinq ans pour y être élevée aux côtés du dauphin François. Elle grandit au Louvre et à Saint-Germain-en-Laye dans un milieu d’une sophistication extrême, parlant le français, le latin, le grec, l’espagnol et l’italien, s’adonnant à la poésie et à la musique, adulée comme une princesse de conte. En 1558, elle épouse le dauphin, devenant du même coup reine de France à la mort d’Henri II en 1559 : une union de deux couronnes qui alarme l’Angleterre protestante d’Élisabeth Ire, car Marie est l’héritière dynastique légitime du trône anglais aux yeux des catholiques.

La mort de François II en décembre 1560, après dix-huit mois de règne, fait basculer le destin de Marie. Veuve à dix-huit ans, effacée par la régente Catherine de Médicis, elle n’a plus sa place en France et rentre en Écosse en 1561. Elle trouve un royaume déchiré par la Réforme protestante, face à un clergé rival incarné par le prédicateur John Knox. Ses mariages successifs — avec Henry Stuart, lord Darnley, en 1565, puis avec James Hepburn, comte de Bothwell, soupçonné du meurtre de Darnley — lui aliènent les nobles écossais. En 1567, forcée d’abdiquer en faveur de son fils Jacques, elle s’enfuit en Angleterre chercher le secours d’Élisabeth Ire.

Ce sera son erreur fatale. Élisabeth, qui ne peut ni libérer ni exécuter sans scandale cette reine catholique revendicatrice de son trône, la maintient en résidence surveillée pendant dix-neuf ans, dans une captivité dorée que brisent les complots successifs de partisans catholiques. Lorsque la conspiration de Babington (1586) révèle que Marie a approuvé un projet d’attentat contre Élisabeth, le procès devient inévitable. Marie Stuart est décapitée le 8 février 1587 au château de Fotheringhay, revêtue d’un jupon rouge sang, couleur du martyre catholique. Son fils Jacques VI d’Écosse, devenu Jacques Ier d’Angleterre, fera transférer ses restes à l’abbaye de Westminster, où elle repose face à sa cousine ennemie.