Charles VII de France

Charles VII de France

1422-1461

Le Victorieux, sacré à Reims grâce à Jeanne d’Arc, il mit fin à la guerre de Cent Ans

Déshérité par le traité de Troyes en 1420 et raillé comme « le petit roi de Bourges », Charles VII se proclame roi à la mort de son père en 1422, mais ne contrôle que le centre et le sud de la France. Sa légitimité est contestée, ses finances épuisées, et les Anglais assiègent Orléans, verrou stratégique de la Loire. C’est alors qu’intervient Jeanne d’Arc : cette jeune paysanne lorraine convainc le dauphin de lui confier une armée, libère Orléans en mai 1429 et conduit Charles jusqu’à Reims, où il est sacré le 17 juillet 1429. Ce sacre transforme le roi contesté en souverain légitime aux yeux du peuple.

Après la capture et le supplice de Jeanne d’Arc en 1431, Charles VII poursuit méthodiquement la reconquête. Il signe le traité d’Arras en 1435 avec le duc de Bourgogne Philippe le Bon, mettant fin à la guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons. Paris est repris en 1436. Le roi réforme en profondeur l’armée en créant les compagnies d’ordonnance en 1445, première armée permanente de France, et modernise la fiscalité grâce aux talents de Jacques Coeur, son argentier. La reconquête de la Normandie puis de la Guyenne s’achève par la victoire décisive de Castillon le 17 juillet 1453, qui met fin à la guerre de Cent Ans.

Charles VII meurt le 22 juillet 1461 à Mehun-sur-Yèvre, probablement d’un abcès à la mâchoire qui l’empêche de s’alimenter. Surnommé « le Victorieux », il laisse un royaume réunifié et profondément transformé : l’armée est modernisée, l’administration centralisée, et la Pragmatique Sanction de Bourges de 1438 affirme l’indépendance de l’Église de France face à Rome. Son règne marque le passage du Moyen Âge à une France plus moderne, même si ses dernières années sont assombries par la rébellion de son propre fils, le futur Louis XI.