Jean II le Bon

Jean II le Bon

1350-1364

Fait prisonnier à la bataille de Poitiers, il mourut captif en Angleterre

Fils de Philippe VI, Jean II monte sur le trône en 1350 dans un royaume déjà éprouvé par la guerre de Cent Ans et la peste noire. Surnommé « le Bon » au sens médiéval de « brave » et « courageux », il se montre chevaleresque mais impulsif. Dès le début de son règne, il doit affronter les intrigues de Charles le Mauvais, roi de Navarre, qui convoite le trône, et les ravages des Grandes Compagnies de mercenaires qui pillent les campagnes. Pour s’attacher la fidélité de ses proches, Jean II crée l’ordre de l’Étoile en 1351, premier ordre de chevalerie français.

Le 19 septembre 1356, la bataille de Poitiers marque le point le plus sombre de son règne. L’armée française, pourtant supérieure en nombre, est écrasée par les troupes du Prince Noir, fils d’Édouard III. Jean II, qui refuse de fuir, est fait prisonnier avec son plus jeune fils Philippe. Sa captivité en Angleterre dure quatre ans et plonge la France dans le chaos : les états généraux menés par Étienne Marcel tentent d’imposer leurs réformes, tandis que la Grande Jacquerie ensanglante les campagnes en 1358. Le traité de Brétigny, signé en 1360, libère le roi contre une rançon colossale de trois millions de livres et la cession d’un tiers du royaume.

De retour en France, Jean II peine à rassembler la rançon promise. Lorsqu’il apprend que son fils Louis d’Anjou, otage en Angleterre, s’est enfui, il décide par honneur de retourner se constituer prisonnier à Londres en janvier 1364. Il y meurt le 8 avril 1364, fidèle à sa parole de chevalier. Son règne, marqué par la défaite et la captivité, laisse toutefois un héritage durable : c’est sous Jean II que le franc est créé en 1360, monnaie dont le nom perdurera plus de six siècles.