Lothaire

Lothaire

954-986

Avant-dernier Carolingien, il tenta de reprendre la Lorraine

Fils de Louis IV d’Outremer, Lothaire monta sur le trône à l’âge de treize ans sous la tutelle d’Hugues le Grand, dont le fils Hugues Capet allait bientôt lui succéder. Malgré la faiblesse structurelle de la royauté carolingienne, Lothaire se révéla un roi énergique, capable d’initiatives militaires hardies. Son règne de trente-deux ans fut le plus long de la branche occidentale depuis Charles le Chauve, et il sut s’imposer comme un acteur sérieux dans les équilibres politiques de l’Occident du Xe siècle.

Sa grande ambition fut de récupérer la Lorraine, perdue au profit du royaume de Germanie depuis le traité de Ribemont (880). En 978, il lança une offensive surprise contre Aix-la-Chapelle, résidence de l’empereur Otton II, manquant de peu de le capturer. En représailles, Otton II envahit la Francie et marcha jusqu’aux portes de Paris, faisant retentir le chant de victoire allemand depuis la colline de Montmartre. La paix fut finalement conclue en 980, et Lothaire dut renoncer à ses prétentions sur la Lorraine, échec diplomatique qui affaiblit son prestige.

Sur le plan intérieur, Lothaire chercha à contrer la puissance d’Hugues Capet en s’appuyant sur ses propres fidèles et en tentant d’associer son fils Louis au trône. Il mourut en mars 986, peut-être empoisonné selon certaines chroniques, à une époque où la légitimité carolingienne s’effritait face à la montée en puissance des Robertiens. Son décès précipita la fin d’une dynastie qui avait gouverné la Francie occidentale depuis cent cinquante ans.