Chilpéric Ier

Chilpéric Ier

561-584

Roi de Neustrie, rival de son frère Sigebert Ier d’Austrasie

Fils de Clotaire Ier, Chilpéric Ier hérite de la Neustrie en 561 et s’impose comme l’un des personnages les plus sombres et les plus fascinants de l’histoire mérovingienne. Grégoire de Tours, son contemporain, le dépeint comme le « Néron et l’Hérode de notre temps » — tyran cruel, avide et impie. Mais Grégoire était son ennemi déclaré, et derrière le portrait à charge se dessine un roi ambitieux, lettré, curieux d’innovations fiscales et même auteur de poésie latine et d’un traité théologique.

Le règne de Chilpéric est dominé par la rivalité sanglante entre lui et son frère Sigebert Ier d’Austrasie, conflit exacerbé par l’antagonisme de leurs épouses : Brunehaut pour Sigebert, et Frédégonde pour Chilpéric. Frédégonde, d’origine servile, est l’une des figures les plus redoutables de l’époque mérovingienne : elle fait assassiner Galswinthe (sœur de Brunehaut), seconde épouse de Chilpéric retrouvée étranglée dans son lit vers 568, pour prendre sa place, déclenchant une vendetta qui ensanglante toute la seconde moitié du VIe siècle. Sigebert est assassiné en 575, probablement sur ordre de Frédégonde.

Chilpéric lui-même est assassiné en 584, à Chelles, dans des circonstances jamais totalement élucidées. Il laisse un royaume affaibli par les guerres civiles, mais aussi un fils en bas âge, Clotaire II, né quelques mois avant sa mort, qui sera l’instrument de la revanche de Frédégonde sur Brunehaut et de la réunification franque.