Clotaire Ier
511-561
À la mort de Clovis en 511, le royaume franc est partagé selon la coutume germanique entre ses quatre fils : Thierry, Clodomir, Childebert et Clotaire. Ce dernier reçoit la Soissonnais avec Soissons pour capitale. Les décennies suivantes sont marquées par une compétition acharnée entre les frères, entrecoupée de campagnes militaires communes contre les Burgondes, les Thuringiens et les Saxons. Clotaire se distingue par une brutalité politique assumée : après la mort de Clodomir en 524, il n’hésite pas à faire assassiner ses neveux pour s’emparer de leur héritage.
La longévité de Clotaire Ier — il règne cinquante ans — lui permet d’outlast ses frères et de réunifier progressivement le royaume franc sous sa seule autorité. En 558, à la mort de Childebert sans héritier, il devient l’unique roi des Francs pour la première fois depuis la mort de Clovis. Ce règne unique durera trois ans, jusqu’à sa propre mort en 561, mais il constitue un précédent : l’idée d’un royaume franc uni est désormais ancrée dans les esprits.
Sur le plan religieux, Clotaire entretient des rapports complexes avec l’Église. Polygame — il accumule plusieurs épouses simultanées, dont la malheureuse Radegonde, qui s’enfuira pour fonder l’abbaye de Sainte-Croix à Poitiers —, il participe néanmoins à la vie ecclésiastique et convoque plusieurs conciles. À sa mort, le royaume est à nouveau partagé entre ses quatre fils survivants, semant les germes des futures guerres fratricides entre Neustrie et Austrasie.