Clotaire II
584-629
Né en 584, quelques mois avant l’assassinat de son père Chilpéric Ier, Clotaire II monte sur le trône de Neustrie la même année sous la régence de sa mère Frédégonde. Son règne débute dans la tourmente : la reine Brunehaut d’Austrasie, sa mortelle ennemie, manœuvre contre lui pendant des décennies. Mais en 613, un renversement spectaculaire se produit : les nobles d’Austrasie et de Bourgogne se révoltent contre Brunehaut, désormais très âgée, et se rallient à Clotaire. La vieille reine est capturée, suppliciée pendant trois jours, puis attachée par les pieds à la queue d’un cheval lancé au galop. Sa mort marque la fin d’une guerre civile de quarante ans.
Seul maître du royaume franc unifié dès 613, Clotaire II promulgue en 614 l’édit de Paris, texte fondamental qui régit les rapports entre la royauté, l’Église et l’aristocratie. Cet édit consacre d’importantes concessions à la noblesse franque et au clergé, renforçant le pouvoir local des grands — une tendance qui, à terme, affaiblira le trône mérovingien. Il marque aussi le début de l’ascension des maires du palais, qui géreront bientôt le royaume en lieu et place des rois.
Clotaire II associe son fils Dagobert au gouvernement dès 623, lui confiant l’Austrasie. Son règne de quarante-cinq ans est l’un des plus longs de la dynastie, et il laisse un empire franc à son apogée territoriale. Il meurt en 629, après avoir assisté à la montée en puissance d’une aristocratie qu’il ne pouvait plus contenir.