Clovis II

Clovis II

639-657

Roi de Neustrie et de Bourgogne, début de l’ère des rois fainéants

Fils de Dagobert Ier et de la reine Nanthilde, Clovis II monte sur le trône de Neustrie et de Bourgogne à l’âge d’environ trois ans, en 639. Son règne illustre parfaitement le processus de marginalisation progressive des rois mérovingiens : trop jeune pour gouverner, puis réputé inapte, il laisse la réalité du pouvoir aux maires du palais, en Neustrie d’abord à Aega, puis à Erchinoald. C’est sous ce dernier que s’affirme véritablement la puissance de cette fonction qui deviendra, à terme, héréditaire et prédominante.

La reine Bathilde, épouse anglo-saxonne de Clovis II d’origine servile, constitue la figure la plus remarquable de ce règne. Après la mort du roi en 657 — les sources tardives évoquent un déclin physique dans ses dernières années —, elle assure la régence au nom de ses fils, menant une politique active de rachat d’esclaves, de fondation de monastères et de réformes ecclésiastiques. Elle sera canonisée et figure parmi les grandes saintes du royaume franc.

Clovis II laisse trois fils qui lui succéderont tour à tour : Clotaire III, Childéric II et Thierry III. Son règne marque symboliquement l’entrée dans l’ère des « rois fainéants », expression certes excessive forgée par les historiens carolingiens soucieux de légitimer leur propre prise de pouvoir, mais qui traduit bien le fait que le centre de gravité du royaume s’est déplacé irrémédiablement des palais royaux vers les grandes familles aristocratiques.